Orne (61)

Saint-Ouen-la-Cour

     Saint-Ouen-de-la-Cour est une ancienne commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de 61 habitants
     Des traces d’une villa gallo-romaine et d’une voie romaine y sont attestées.
    À travers les comptes rendus annuels de l'abbé Pierre Bouley, on est à même de constater ce qu'était la vie rurale à cette époque loin d'être démocratique, loin d'être celle de l'interdépendance mondiale ou loin d'être celle de la modernité technologique. Gérard Plommée dresse en outre un portrait sur ce qu'était ce village au XVIIIe siècle.

Les principaux monuments
Église Saint-Ouen, remaniée au xviie siècle.
Menhir de la Pierre des Druides. Basse-Normandie ; Orne ; Saint-Ouen-de-la-Cour se trouve sur le territoire de Bellême lieu dit « les Sept Bras » Préhistoire grès h = 250 ; l = 150 ; pr = 60
Manoir du Chêne, du xviie siècle
       Les comptes rendus de l'abbé Bouley décrivent un espace des relations sociales et commerciales, les conflits de pouvoirs, de droits et de privilèges sous l'Ancien Régime, l'impact des épidémies, la perception de la royauté, la hantise de la mauvaise mort à l'époque, les aménagements du centre du village faits par le curé, etc. La forêt demeure le refuge des « sans foi ni loi » et des « bêtes sauvages » (la présence de loups y est
attestée).
.     Bien qu'imparfaite et incomplète, une étude essentiellement démographique de la commune entre 1592, année de début de disponibilité des registres paroissiaux, et 1789 a été faite par les historiens Émilie Blanchais, Justine Cousin, Ophélie Girard et Mathieu Demers de l'Université de Caen Basse-Normandie
     Celle-ci est disponible à la Maison de la Recherche en Sciences humaines de la même université.
     Une seigneurie (celle de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême) englobe l’essentiel du village, avec son siège au manoir du Chêne. Un petit fief existe aussi au lieu-dit la Brosse (Étienne de Brisard en est l’écuyer en 1757), en bordure de la forêt. René Perrier, écuyer et sieur du Hanoy, est propriétaire (en 1757 du moins) de la terre de Villeneuve, à Saint-Ouen.
     La paroisse entretient beaucoup de relations avec Mauves, sur l’Huisne, située au nord. On adopte normalement les mesures en vigueur dans cette paroisse dans les actes notariés de Saint-Ouen. On y va (comme à Mortagne ou à Bellême) pour acheter des grains.
     Les derniers auteurs mettent l'accent sur la mortalité et les crises épidémiques. Les crises de la peste, dont celle de 1605, et celle de 1743 (possiblement de dysenterie) montrent que ce petit village d'Ancien Régime, en apparence isolé, n'est pas épargné par des phénomènes plus globaux.
     Les habitants se déplacent essentiellement dans un rayon maximal de 8 km, dans un quadrilatère compris entre Bellême– Nocé – Mauves - Le Pinqui incluent les voisins Eperrais et Courthioust (tous les deux à 3 km).
     Le bourg est « réduit » : « un plan de 1747 montre au centre l’église, le presbytère, la maison du vicaire et trois autres maisons ». Il y a cependant plusieurs « hameaux dont certains semblent plus peuplés que le bourg ». La paroisse a donc une superficie totale de 604 hectares. Elle a plus ou moins la forme d’un cercle avec un rayon de 2 km.
le registre de Saint-Ouen-la Cour 1738 page 22
Jean Pierre Enault et Jean François Bollens
AF 61 ; Saint-Ouen-de-la-Cour ; 1734-1768 ; B.M.S. ; 3NUMECRP437/EDPT86_11
page 22/201
Je suis entré a pasques, Curé de S[ain]t oüen de la Cour
Bouley Curé de S[ain]t oüen 1738.
Remarques. cette année 1738
en son commencement jusqu'au mois daoust
a été miserable par la famine
causée par la disette de
Bled ; on a fait ouvrir les greniers.
Le monde fut tres charitable, et
La plus part s'epuisèrent a soulager
les pauvres dans leurs besoins.
Sa majesté* \Loüis xv/ a fait distribuer
par deux fois differentes, du
Rys aux pauvres dans toute
l'etendue de son royaume * Loüis
xv ; dans cette paroisse dans la piece de la groüais de la
givaumerie, sur le bord du
chemin, au mois de may nous avons trouvé un Epi de seigle avec
le bled qui y étoit ensemence, lequel
Epy etoit composé par la providence,
de cinq Epys ! qui etoient toutes les
cinq en nun seul, et autour d'un
fetut de paille, comme les cinq
doi[gt]s de la main sont attachés a la
meme main ; nous avons regardé
cela comme le miracle des cinq
pains de l Evangile ; et que la
moisson seroit en abondance, ce qui
arriva aussy ; touts les habitants de
cette paroisse en ont connoissance
et l'ont vûs ; aussy que plusieurs
de touts cotées qui venoient voir
cet Epy dont \on/ avoit jamais entendut
parler dunne pareille chose, plusieur
de Bellesmes, de Remalard, sont
venus voir cet Epy ; et s'en retournoient
tres contents, dans léperance dune
Belle Recolte, en effet le bled
de douze livres le bosseau, qui nest
a quatre livres ; en fo de quoy
j'ay signé Boulay, Curé de
S[ain]t oüen de la Cour 1738
En cette mesme année j'ay planté
la treille du jardin de S[ain]t oüen, en
vigne et coudre franche et Espaliers
de jardin, avec de la plante nome
dépines Blanches \pour/ en faire toute la
cloture, ny ayants que büis, Eronces et
hays mortes, avec trente pommiers
que j'ay planté dans le champ Boivin
et dans le perier, et huit que j'ay fait
enter. J'ay résisté au seigneur de la
paroisse, pour lors nommé m[onsieu]r de
conches qui me persécutoit pour me faire
rendre aveû pour mon benefice cure ;
dont il n'a pu venir a bout ; etant curé
et seigneur de S[ain]t oüen par un \ancien/ aveu rendu
au s[ieu]r curé. Ledit de Conches afferme
a dixme du trezort dans laquelle il me
disputoit le tiers ; ce que je luy constesté
et me mis en possession de mon tiers et de
toutes les nouvalles en foy de quoy j'ay
signé. Boulay Curé de S[ain]t oüen
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