Manche  50
Barfleur
           Rongé la côte.Barfleur est aujourd'hui gratifiée du label des plus beaux villages de France, décerné par une association indépendante visant à promouvoir les atouts touristiques de petites communes françaises riches d'un patrimoine de qualité.
Le port est sans doute ancien, mais on ne possède aucune trace de son nom antérieur : le nom actuel n'est pas antérieur au ixe ou xe siècle (les plus anciennes attestations datent du xie , cf. ci-dessus). Geoffroy de Monmouth, dans le neuvième livre de son Historia regum Britanniae, fait partir le roi Arthur de Barfleur pour combattre les Romains chez les Allobroges, peut-être a-t-il disposé de sources anciennes de la légende mentionnant le nom originel de Barfleur, sinon il aura donné cette localisation car ce port était à son époque le
principal lien maritime entre le duché de Normandie et la Grande-Bretagne.
Ainsi, pendant la période ducale (jusqu'à 1204, date du rattachement de la Normandie au royaume de France), Barfleur est resté le port préféré des ducs de Normandie qui étaient aussi rois d'Angleterre.
        En 1066, la bataille de Hastings marque le début de la conquête de l'Angleterre par les Normands parmi lesquels figurent de nombreux Cotentinais et Avranchinais. Sur le port de Barfleur, fixé sur un rocher, un médaillon rappelle que Guillaume le Conquérant fit sur le Mora (piloté par un jeune Barfleurais, Étienne), la
traversée depuis Barfleur Il débarquera à Pevensey dans le Sussex de l'Est, le 28 septembre 1066. Le 14 octobre, il défait son compétiteur Harold à la bataille d'Hastings, durant laquelle ce dernier est tué, et reçoit la couronne anglo-saxonne le 25 décembre 1066 dans l'abbaye de Westminster.
En 1105, Henri Beauclerc y débarque afin de récupérer la Normandie au détriment de son frère Robert Courteheuse.
        En 1120, la Blanche-Nef, navire royal, sombra au large de Barfleur, sur le rocher de Quillebeuf situé au nord, avec à son bord le fils du roi Henri Ier d'Angleterre, Guillaume Adelin9. Ce naufrage signe le déclin de la préférence ducale. À la fin du xiie siècle, Richard Cœur de Lion aurait embarqué à Barfleur pour rejoindre l'Angleterre. Jean sans Terre y séjourne entre le 5 et le 10 février 1200, puis entre le 15 et 17 septembre de la même année.
      En 1346, Barfleur est détruite par les troupes anglaises d'Édouard III lors de sa chevauchée le long des côtes françaises après son débarquement à Saint-Vaast-la-Hougue. L'église actuellement en bord de mer était à l'époque au milieu de la ville, la mer  ayant
depuis longtemps envahi cette partie.
       En 1860, un second naufrage coûteux en vies humaines se produit sur ce même rocher de Quillebeuf, il s'agit de celui de la Luna, trois-mâts américain commandé par le capitaine John Schannon, parti du Havre et à destination de la Louisiane avec 18 hommes d'équipage et 85 passagers français et allemands. Sur un total de 103 personnes à bord, on dénombre 101 morts, seuls deux hommes d'équipage parvenant à rejoindre vivants la côte.
       En 1865, c'est à Barfleur que fut construite la 1re station de sauvetage sur le modèle des stations britanniques, en raison du danger que représente le raz de Barfleur au large de la pointe homonyme.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Barfleur est libérée sans combat le 24 juin 1944 par les troupes américaines. Le port sera par la suite utilisé pour débarquer du matériel et des vivres.
Petit port de pêche d'échouage typique.
Église Saint-Nicolas (xviie-xixe siècles) :
Elle remplace une église plus ancienne recouverte depuis longtemps par les flots. L'église est ornée de 12 vitraux de 1892, réalisés par les ateliers Lorin de Chartres. Certaines verrières ont été restaurées en 1980 par l'atelier Bourget16.
Cour Sainte-Catherine (xvie)
Dans le village, maisons barfleuraises (du xvie au xixe) en granit et à toit de schiste

 

 

Registres de Barfleur 1664 page 156

De Jean Pierre Enault

 

 

 

En l’an mil six centz soixante et quattre

Le neufième jour de may translation du grand St

Nicolas Evesque de Myre patron de Barfleur.

Vincent Diguet fermier de Mre Jullien Bernard

chirurgien en sa maison du pont le ho, sestant

moqué et raillé de la correction que luy feist

Mre Gille Peniton père et vicaire dud[ict] lieu

de ceque il transgressoit la feste en chariant

du vray (du bray : de la boue, de la fange))  sur son cheval par devant la grande

rue dud[ict] Barfleur et qu’il consoit (causait) du scandale.

Led[ict] Diguet ayant mesme faict quelque sorte de

mespris du St et de la feste, avant qu’il fut

arrivé au pont le ho fut pris de tranchez ( colique) de

ventre si violentes qu’il mourut le lendemain

Dieu luy ayant neantmoins fait la grâce de se

reconnoistre et de demander pardon de son péché

Ψe Grancher

Registres de Barfleur 1668 page 157

La transcription n'est pas de moi mais de l'auteur du blog la grotte des Goublins

 

 

L’an mil six centz soixante et huict le

sixiesme jour de feubvrier à Brillevast

Dieu duquel la bonté est infinie resuscita

Jean Le Vachier nouvellemen[t] né et non baptisé

filz de Gille Le Vachier et de Françoise

Marinvaux qui ayant faït Veu à Dieu et à

Mr  Saint Nicolas Evesque [conqueren

Y montinen (maintenant ?)] que Dieu avoit resuscité leur

dit enfant par l’intercession de son grand

Serviteur St Nicolas et en recongnoissance

de cette insigne faveur sont venus cherch[er] sa

grâce à Dieu et à St Nicolas dans l’Eglise

parroissialle de Barfleur et ont prié qu’en

en rendr sa grâce à Dieu publiquement et que

nous avons fait en chantant le Te Deum et

l’antienne et l’oraison du grand St nostre patron

après que lesd[icts] mariez ont faict leur offrande

lequelz ont signé ce vingt huict septembre

mil six cen soixante huict.

De Jean Pierre Enault
Extraits du registres de Barfleur (Manche) :
voiture chargée de poudre 1783 page 153
L’an Mil sept cent quatre vingt trois le troisième jour de
Juillet a été inhumé dans le cimeière de cette paroisse le
Corps d’un particulier tué en conduisant une voiture
Chargée de poudre partant de Gatteville après la main levée
Nous donnée par le sieur Heureveut de la Hautte, conseillier du
Roy lieutenant criminel du baillage de Valognes , le sieur
Marmion de Préfontaine aussi conseillier du roy et son premier
Avocat au dit siège en datte du trois du présent signé Heurteveut
Et Marmion de Préfontaine avec le paraphe en présence des soussignés
 
matelot disparu 1787 page 171
Nous soussigné officier et matelot du navire « le bailli
De Suffren du havre étant du présent a bon eaux crtifions
Que le dimanche seize décembre mil sept cent quatre vingt
Sept entre sept ezt huit heure du soir le nommé Nicolas Sulpice
Le Gay, de Barfleur, novice sur ledit navire étant de quart à
Sept heure et demie ayant parlé aux autres matelots et à huit
Heure lorsque l’on a été pour le relevé de quart l’ayant appelé
Et n’ayant pass répondu ne sachant ce qu’il pouvait etre devenu
L’ayant cherhcé partout sans l’avoir pu touver lachaloipe
Et le canot etant le long du bord nous avcons présume
Qu’il auroit tombé à la rivière ce que nous ne pouvons
Cependant attesté fait de bonn e foy à Bondeaux
Ledit jour et an que dessus
chute d'une pierre 1788 page 173
l’an mil sept cent quatre vingt huit le douzième jour
de may après la main levée avons accordé par le sieur Cleret
Conseiller du roy et son procureur au siège de L’amirauté de
Barfleur faisant ce jourd’huy les fonctions de lieutenant
Général pour l’absence de mr le lieutenant general ordinaire
Le corps de jacques Moitié de la paroisse de Réville mort
Ce matin dans le port par la chute d’une pierre a été
Inhumé dansle cimztière de cette églisee par nous prieur
Curé soussigné en prsence des soussignés
Ledit moitié agé d’environ cinquante ans



Mort inopinée 1781 page 144
L’an mil sept cent quatre vingt un le vingt
Sept octobre suivant la permission à nous accordée
Par Charles Louis Heurtoison !! sieur de La Haulle
Conseiller du roy lieutenantt criminel du baillage de
Vallagras et Charles François Vaultior sieur de Vauxbourg
Aussi conseiller du roy et son procureur au dit siège
Inhumér le corps de François Guerard décédé d’une
mort inopinée agée de trente deux ans environ a été
inhumé dans le cimetière de cette église par Missire
Michel Louis Ermisse prieur curé de Barfleur aux
Présences du clergé du lieu

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