Yonne (89)

Cheroy

1709 / 1710

                

     En 1120, Salon, vicomte de Sens, possesseur d'immenses domaines, fit don aux religieux de l'abbaye de Saint-Jean-les Sens des villages de Chéroy, Brannay, Lixy et Voulx.  

   Ne pouvant remédier au brigandage qui sévissait, Gilbert, abbé, fit appel, en 1155, au bras séculier du roi de France Louis VII pour rétablir et maintenir l'ordre. Chéroy se trouva alors en pariage entre ces deux

grands seigneurs.

    Chéroy tire son nom actuel de son ancienne appellation, Chesiacus, signifiant groupe de maisons (du latin Casetum).
      En 1155, sous Louis VII, Chéroy devient prévôté royale. Par lettre patente du 9 juin 1404, Charles VI autorisa Chéroy à porter le titre de «ville», d’où l’obligation pour les habitants d’élever des murs, des fossés, destinés à protéger la ville.Celle-ci bénéficie, dès cette époque, de privilèges pour le commerce,  l’industrie et les arts. Les fortifications disparaissent vers 1700. 

 

     Les largesses royales envers les léproseries comme l'octroi de chartes ouvrant droit aux foires assurèrent au village une prospérité qui perdura plusieurs siècles, jusqu'à la guerre de Cent Ans, où le bourg de Chéroy a subi de nombreuses déprédations relatives à l'occupation anglaise

     Plus récemment à la révolution française, la commune était en rivalité, avec Saint-Valérien, et ceci afin d'obtenir le titre de chef-lieu de canton. Finalement Chéroy l'emporte, on la préfère à l'autre commune car plus peuplée, bien que moins centrée géographiquement parlant.

    Au XIXe siècle une ligne de chemin  de  fer   traversait  la

 

commune. La gare de Chéroy était  d'ailleurs reconnue pour son architecture remarquable.

    Une église devait exister à Chéroy dès le VIe siècle, sur l’emplacement d’un temple consacré à Diane au milieu de la forêt de Chéroy. Il semble que l’église actuelle date du XIIIe s, Le clocher, très élégant, s’élève à 42 mètres de hauteur ; comme beaucoup d’églises du Sénonais, il est couvert d’ardoises alors que la toiture de la nef est faite de tuiles plates de Bourgogne,

    Il y a toujours deux cloches dans le clocher ; deux premières, l’une fût fondue à Paris en 1793, sur la demande de la convention, pour être convertie en canon. L’autre, honorée sous  le  titre  de

de cloche civile, fit « tant de besogne qu’elle se cassa ». Le conseil municipal, la fît refondre et lui acheta une soeur en 1821.             

   Aujourd’hui la grosse cloche pèse 650 kg et porte l’inscription "je m’appelle Marie"  j’ai  comme

  parrain Mr SALMON de BIRON, maire de Vaux sur Lunain et pour marraine Mme BARDOT (soeur de M. Salmon de Biron et épouse du maire de Chéroy)
    La petite cloche pèse 475 kg et porte l’inscription : « Je m’appelle Jeanne, j’ai comme marraine Melle E. BARDOT, fille du maire de Chéroy et comme parrain Jean Baptiste SALMON de BIRON fils du maire de Vaux sur Lunain (et notaire à Chéroy). »
     Une tour en pierre de taille flanque le clocher au Nord Est ;

elle servait probablement de moyen de défense aux habitants de Chéroy en devenant le dernier abri pour les populations menacées.

   En 1790, Chéroy aurait dû être englobé dans le département de Seine et Marne, mais il fut rattaché à celui de l’Yonne, où il est resté. Jusqu’en 1830, Chéroy fut un centre commercial important dont le marché (chaque mardi) et les 6 foires annuelles aux bestiaux et chevaux attiraient jusqu’à 2000 personnes en été et 3000 en hiver.L’importance de ces marchés rendit nécessaire la création d’une brigade de gendarmerie en 1790-91.

     «Au 18e siècle un règlement de police sur l’élevage des oies arrêta l’épidémie qui décimait la population, épidémie causée par l’odeur des animaux et par l’usage de linge de corps lavé dans les mares où les oies allaient se baigner et s’abreuver. »
     En 1914, il y avait encore 14 auberges où on logeait «à pied, à cheval». Les porte-cochères, en anse de panier, de certains immeubles de Chéroy peuvent en témoigner; 

 

Les actes ci dessus et ci-contre sont, comme pour la plus part des villes  et villages au début du 18ème siècle, la description des grands froids et des conséquences sur les gens, les bêtes, les récoltes etc...

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